En juillet 1911, dans une affaire d'attentat
contre un directeur de journal, on retrouve Métivier, soupçonné d'être un
agent provocateur de la police. Début novembre, Julian est impliqué dans
une grève très dure des plâtriers de Seine-&-Oise et est arrêté pour infraction
à son interdiction de séjour.
Joseph Caillaux (photo de gauche), nouveau
Président du Conseil, déclare insidieusement en privé à deux députés que
son prédécesseur Briand ne faisait pas appliquer les interdictions de séjour
des syndicalistes condamnés afin que la police dispose d'un moyen de pression
sur eux. Il cite les noms de Ricordeau et Julian... La presse s'empare de
l'affaire et un scandale éclate dont il est bien difficile, aujourd'hui
encore, de démêler les fils.
Les journalistes et un député socialiste établissent
avec certitude que Lucien Métivier, du Syndicat des Biscuits et dont l'arrestation
à Vigneux avait servi de détonateur aux incidents violents, était depuis
1908 << Luc >> , informateur appointé par la Sureté Générale.
Bien mieux, le 20 mai 1908, à sa demande pressante, il avait été reçu personnellement
par le Président du Conseil-Ministre de l'Intérieur, Georges Clémenceau.
Dans les jours suivants, le conflit de Vigneux s'était durci... |